Art & Fleurs : les fleurs sur polaroïd de Cy Twombly

A l'occasion de l'incroyable rétrospective de l'oeuvre de Cy Twombly actuellement au Centre Pompidou, nous avons découvert une peinture forte, expressive, intellectuelle. Mais, au détour de l'exposition, nous avons détecté le goût de l'artiste pour les fleurs, en photos. Capturées au polaroïd, dans des ambiances éthérées et oniriques, ce sont ces fleurs que nous avons eu envie de partager !
Art & Fleurs : les fleurs sur polaroïd de Cy Twombly

En point final de l'exposition, qui se tient en ce moment au Centre Pompidou, l'oeuvre "Blooming" frappe par sa beauté poignante : ses pivoines gorgées d'eau et de couleur nous font penser à ces fleurs qu'on regarde après les averses de printemps, lourdes d'une pluie qui les rend somptueuses et les condamne en même temps.

Dans l'atelier de Gaeta près de Naples, c'est tout un cycle intitulé "Blooming" que Cy Twombly a fait surgir, inspiré d'un haïku japonais : «Ah! Ces pivoines pour lesquelles Kusinoshi retira son armure». Sur les immenses panneaux, des pivoines grosses comme des nuages s'épanouissent sur des fonds jaune paille, vert tendre, grenat ou orange. Ces fleurs rappellent celles de Warhol ou encore les Nymphéas que Monet peignit à la fin de sa vie. 

Mais, au delà du grandiose, ce qui a attiré le plus notre attention dans cette exposition, ce sont quelques petites photos... en nous documentant, de retour chez nous, nous avons découvert qu'en parallèle de ses peintures Cy Twombly est aussi photographe de talent et que les fleurs constituent l'un de ses sujets de prédilection.

L'oeuvre photographique de Cy Twombly est en effet beaucoup plus intime : au Polaroïd, de sublimes images en couleur quasi abstraites mettent pivoines, tulipes, oeillets et autres fleurs en valeur dans une ambiance douce et nostalgique.

Il est devenu sans doute illusoire de pouvoir encore tirer des photos semblables à celles que Cy Twombly a prises pendant un demi-siècle avec un appareil Polaroïd. Le procédédes "impressions à sec" a été évincé par le numérique. 

Autofocus débrayé pour mieux éviter le sujet, il poursuit ainsi sa réflexion permanente sur la lumière, les pleins et les vides, la rature, l’abstraction. Agrandis et traités avec des pigments grâce à la photocopieuse, les couleurs et les flous des photos renforcent cette dimension onirique du temps et de la durée.

Rétrospective Cy Twombly - du 30 novembre 2016 au 24 avril 2017

https://www.centrepompidou.fr/